Fair Play Financier et Formule 1

Publié par Philippe Veber il y a 5 mois | News, Sport

En 2012, Michel Platini justifiait la mise en place du Fair Play Financier en affirmant qu’ « il faut sauver le football ».

 

L’autorisation de participation aux compétitions européennes de football est soumise à la condition sine qua none du respect du Fair Play Financier. Il s’agit d’un principe qui impose aux clubs européens de présenter un équilibre économique financier sur les trois dernières saisons sportives.

 

Plus simplement, il est demandé à ces derniers qu’ils ne dépensent pas plus que ce qu’ils gagnent.

 

Les uns critiquent le Fair Play Fianancier  dans al mesure où il porterait atteinte à la liberté de gestion des clubs sportifs, à la libre concurrence ou encore à la libre circulation des capitaux. les autres semblent trouver sa justification dans la préservation de l’équilibre sportif des compétitions constituant donc un motif d’intérêt général au regard du droit de la concurrence de l’Union européenne.

 

Ce règlement financier ne concerne pas uniquement le monde du football et trouve même ses origines dans les grandes ligues sportives américaines comme la NFL, la NHL ou encore la NBA qui avaient adopté dès le début, une politique de régulation financière dite de salary cap ayant notamment inspiré le rugby français. Cette volonté d’encadrer financièrement est,aujourd’hui une réalité et a tendance à concerner de plus en plus de sports.

 

L’instauration d’un Fair Play Financier en Formule 1 verra  jour le 1er Janvier 2021 et s’attachera à limiter le budget des écuries à 175 millions de dollars sur une période donnée.

 

Les raisons d’une telle mise en place suivent cependant une logique différente de celle des sports évoqués précédemment.

 

D’uen part, il y avait une volonté claire de mettre fin à la centralisation des forces économiques et sportives des écuries de pointe qui depuis des années, raflent tout sur leur passage. On constate par exemple qu’au cours des deux dernières saisons, seuls cinq coureurs pilotant l’un des trois top team du plateau ont été capables de remporter un grand prix. Dès lors, l’instauration d’une telle contrainte semble être susceptible de rebattre les cartes en termes de pure performance sportive.

 

D’autre part, cette réforme semble également capable d’engendre une réduction du coût global de la Formule 1 qui ne cesse d’augmenter depuis une dizaine d’années et ce notamment en raison du fait que les petites écuries tentent de suivre le rythme économique infernal des écuries de pointe.

 

Finalement, l’instauration du Fair Play Financier dans le monde de la Formule 1 se justifierait au regard du triptyque suivant :

 

  • Compétitivité,
  • qualité du spectacle,
  • et santé financière.

 

Cependant, cela sera-t-il suffisant pour remettre en cause l’hégémonie des grandes écuries ? Rien n’est moins sûr lorsque l’on regarde les conséquences du Fair Play Financier sur le football européen qui n’a de cesse d’accroître les inégalités entre les petits et grands clubs tout en renforçant la suprématie de ces derniers.

 

Kevin OULHEN et Philippe Veber