Les mésaventures de la FIFA

Publié par Jean-Christophe Lapouble il y a 3 années | News, Sport

Ou la grenouille qui voulait se faire plus grosse que le bœuf !

 

L’affligeant spectacle donné par la réélection de Sepp Blatter à la présidence de la FIFA, montre une fois de plus que les organisations sportives sont totalement incapables de s’autoréguler. En ce sens, elles ne sont pas moins vertueuses que les banques qui prêchent les vertus de l’autorégulation. Pourtant il existe une différence de taille avec des établissements bancaires ; les fédérations internationales sont des organismes à but non lucratif et, elles se parent des vertus morales du sport pour refuser de se réformer au nom de l’autonomie du monde sportif et des valeurs autoproclamées du sport.

 
Force est de convenir que seuls les Américains disposent des moyens d’investigation et de la volonté politique de rétablir un peu d’ordre au sein du monde du football dont la valeur première est l’argent. On peut, avec Vladimir Poutine s’étonner de l’impérialisme du droit américain mais force est de constater que le droit en Russie est une notion relative et contingente.

 

L’enquête menée par la FBI a le mérite de ne pas laisser les caciques du football se croire à l’abri de tout ennui judiciaire. Comme dans l’affaire Amstrong, qui a montré le dévoiement de l’Union Cycliste Internationale, les Etats-Unis sont les seuls à vouloir et pouvoir mettre un terme à la dérive de certaines fédérations sportives internationales. Il faut s’en féliciter et espérer qu’il sorte de cette affaire une remise à plat du fonctionnement de la FIFA.
Il conviendrait aussi que les gouvernements qui déroulent un tapis rouge au président de la FIFA se posent la question de leur responsabilité morale dans ce type d’affaire. A force de vouloir obtenir à tout prix l’organisation d’une compétition internationale, de nombreux Etats pourtant démocratiques, ferment les yeux sur des pratiques maffieuses.

 
Reprocher aux Américains d’être de mauvais perdants, c’est leurs reprocher d’avoir cru qu’il y avait des règles claires, or visiblement il n’y en avait pas. Il est donc logique qu’ils aient ouverts une enquête. Il est symptomatique de constater que l’Union européenne régule fortement les marchés publics et qu’en même temps, l’attribution d’une compétition internationale par une fédération internationale relève au mieux des petits arrangements entre amis !

 

 

Il faut donc espérer que l’enquête permettra de rétablir un fonctionnement transparent et fasse réfléchir certains dirigeants sportifs qui pourraient méditer cette phrase de Lacordaire :

 
« La puissance est le principe même de l’égarement, à l’exercer sur les autres, on la perd souvent sur soi-même ».