Sur le « second marché », c’est calme aussi (football en CHINE)

Publié par Philippe Veber il y a 4 années | News, Sport

(Philippe Veber interviewé dans L’Equipe)

Droit du sport

 

 

Les clubs de Russie, du Qatar ou de Chine semblent moins tournés vers la L1 que par le passé.

 
SIGNE D’UN certain tassement, il n’y a pas, cette année, ce dub turc, grec ou ukrainien venu afficher sa gourmandise pour les joueurs de l’Hexagone, offrant des débouchés parfois aussi inattendus que lucratifs. En Europe, la crise frappe un peu partout quand ce n’est pas un nouveau règlement qui affecte le marché, comme celui adopté par la Turquie qui limite désormais à dix le nombre d’étrangers par effectif, six d’entre eux au maximum pouvant figurer sur la feuille de match.
Malgré les difficultés du Zénith Saint-Pétersbourg, limité par le fair-play financier de l’UEFA, le plus fort dynamisme semble venir de Russie, où le Dynamo Moscou, après une première tentative l’été dernier, vient de réussir à attirer pour environ 7 M€ Mathieu Valbuena, qui y percevra en net d’impôt les 300 000 euros qu’il touchait en brut à l’OM. « Les clubs russes disposent d’une surface financière colossale et le pays veut consentir des efforts pour élever le niveau de son Championnat d’ici à la Coupe du monde 2018 », explique l’agent Christophe Hutteau, spécialiste de ce marché depuis une dizaine d’années.
Sortie du cas Valbuena, la Russie souffre encore d’un manque d’attractivité auprès des joueurs de premier plan. Mais ce déficit d’image n’est rien en comparaison de celui dont souffre aujourd’hui le Championnat du Qatar, plombé par les difficultés rencontrées par Abdeslam Ouaddou ou Zahir Belounis pour sortir du pays. « Beaucoup de joueurs ont été refroidis », témoigne un agent.

 
La part de risques existe également en Chine, où plusieurs anciens joueurs de L1 ont rencontré des problèmes dans le paiement des salaires. Comme en Russie, les plus hautes autorités du pays sont cependant décidées à envoyer des signaux positifs, notamment dans la perspective d’une candidature à l’organisation de la Coupe du monde 2026. « Beaucoup de passerelles vont être posées entre les clubs chinois et européens, leur volonté de progression est manifeste », souligne Me Philippe Veber, avocat lyonnais qui conseille des investisseurs chinois désireux de développer le football à Shanghai. Et d’ajouter : « Comme partout, il y a des problèmes mais, en Chine, la majorité des joueurs sont payés, et le Championnat fonctionne. »

 

Jérôme TOUBOUL
L’Équipe